Certaines personnes ont horreur d'avoir des dettes : elles se dépêchent donc de les rembourser le plus rapidement possible. Elles ont bien raison, et c'est tout à leur honneur!
Toutefois, dans le cas d'un remboursement effectué dans le cadre du Régime d'accession à la propriété, est-ce vraiment une bonne affaire? Rarement.
Évidemment, si vous cotisez déjà le montant maximal admissible à votre régime enregistré d'épargne-retraite (REER), que vous ne disposez pas de droits inutilisés et que vous n'avez aucune autre dette de consommation, effectuer rapidement des remboursements dans le cadre du RAP représente certes une avenue intéressante! Cependant, il serait peut-être plus avantageux de désigner ces montants au remboursement de votre prêt hypothécaire.
En fait, si votre priorité est de rembourser les montants que vous avez retirés de votre REER pour bénéficier du RAP, il vaut mieux utiliser tout le délai de remboursement dont vous pouvez disposer et qui est admis par la Loi de l'impôt sur le revenu, soit une période de 15 ans. Cela vous permettra de cotiser toute épargne supplémentaire à votre REER afin d'obtenir une déduction fiscale à son égard.
Un exemple
Prenons l'exemple de Mathias qui a prélevé 20 000 $ sur son REER dans le cadre du RAP. Il doit maintenant commencer à remettre cette somme. Le montant minimal annuel qu'il doit verser dans son REER est de 1 334 $, soit 20 000 $ répartis sur 15 ans.
Mathias a l'habitude de cotiser chaque année 2 500 $ à son REER. Afin de s'acquitter rapidement de sa dette, il décide d'affecter désormais cette somme aux remboursements qu'il doit effectuer en vertu du RAP. Cette stratégie est-elle la plus rentable?
Voyons les deux possibilités qui s'offrent à Mathias en supposant que son taux marginal d'imposition est de 45 % :
- Remboursements de 2 500 $ en vertu du RAP pendant les huit premières années et cotisations de 2 500 $ par année à un REER pour les sept années suivantes.
- Remboursements de 1 334 $ en vertu du RAP pendant 15 ans et cotisations de 1166 $ à un REER pour la même période.

La deuxième solution est plus avantageuse!
La solution B comporte un avantage de 2769,84 $. Ce montant pourrait être plus élevé si l'économie d'impôt annuelle générée par la cotisation à un REER était appliquée au remboursement d'un prêt hypothécaire.
Un tel résultat n'a rien d'étonnant, puisqu'il n'y a pas d'intérêt à payer sur un montant retiré d'un REER dans le cadre du RAP. L'économie d'impôt réalisée peut également être plus importante si le taux marginal est plus élevé que 45 %. On pourrait donc dire que « le calcul vaut le travail »!
