La Presse Canadienne
Économie, dimanche 27 janvier 2008
par Malcolm Morrison
TORONTO - C'est le début d'une nouvelle course contre la montre avant la date limite pour engraisser son régime enregistré d'épargne-retraite (REER) - ou, pour d'autres, tout simplement pour faire une première cotisation.
Mais il est difficile d'imaginer un départ plus fâcheux pour la saison 2008 des REER, avec des marchés boursiers très volatils et les craintes de voir les Etats-Unis sombrer dans une récession.
La Bourse de Toronto est en baisse de 7,5 pour cent depuis le début de l'année et il semble presque impossible d'éviter la débandade qui sévit. Même les titres défensifs comme ceux des banques sont touchés en raison des craintes liées aux hypothèques à risques aux Etats-Unis.
Le pronostic pour les marchés américains semble, dans le meilleur des cas, encore pire, et il est peu probable que les marchés d'outre-mer réussiront à échapper aux conséquences d'une décroissance économique américaine.
Mais les Canadiens ne devraient pas oublier que les REER ne sont pas seulement un investissement mais aussi un instrument qui peut comporte d'autres énormes avantages.
"C'est incroyable de voir combien ne gens n'en profitent pas", s'étonne Diane Kirkland, conseillère en investissement chez Edward Jones. Celle-ci n'est cependant pas insensible à ceux qui, "parce que la retraite est si lointaine, me regardent un peu comme un chevreuil aveuglé par des phares d'automobile, et tout ça, puis me disent 'je ne peux pas penser à la retraite'"
Essentiellement, toute contribution à un REER est déductible de son revenu imposable.
Cet argent croît à l'abri des impôts - on ne débourse pas d'impôt sur ces placements avant de les toucher à sa retraite, une période de la vie ou la plupart des gens gagnent moins d'argent et profitent d'un taux d'imposition moins élevé.
Avoir un REER est aussi une bonne façon de s'assurer d'avoir au moins cette source de financement pour sa retraite, qui pourrait par ailleurs être plus terne si on n'a pas mis cet argent de côté.
Presque tous les employés du pays cotisent pour le Régime de pensions du Canada (RPC).
Mais même si on débourse le maximum au cours de toute sa vie de travailleur, le paiement mensuel maximal du RPC à 65 ans est, en date de décembre 2007, de 863,75 $, soit 10 365 $ par année.
Le versement moyen est quant à lui de 473,09 $, soit 5677,08 $ par année.
Il est aussi possible de toucher une pension de la Sécurité de la vieillesse, qui rapportera un maximum de 502,31 $ par mois, soit 6027,72 $ par année.
Les célibataires peuvent être admissibles aux paiements de supplément de revenu garanti, qui peut atteindre 634,02 $, ou 7608,24 $.
Cependant, les paiements de la Sécurité de la vieillesse ou du supplément de revenu garanti sont assujettis à certains recouvrements si vous gagnez trop d'argent en provenance d'autres sources.

Les REER ont aussi une importante limite, celle du plafond des contributions annuelles.
"La limite en dollar est de 19 000 $ (un nouveau maximum pour cette année) ou de 18 pour cent du revenu gagné l'année précédente", indique la vice-présidente de TD Waterhouse, Patricia Lovett-Reid.
"Alors pour 2006, c'est le plus faible de ces montants, et bien sûr, si vous avez un ajustement de pension, il faut en tenir compte."
Les informations sur le montant admissible au REER sont disponibles sur le plus récent avis de cotisation reçu du gouvernement.
On peut aussi faire des contributions rétroactives en reculant jusqu'à 1990.
Malgré tous ces avantages, les REER ne sont pas la seule et unique solution en ce qui a trait à la planification de la retraite.
"Voici ce que j'ai estimé, explique Mme Lovett-Reid, lorsqu'on considère les paiements gouvernementaux, les pensions privées et les REER, je crois que cela va couvrir environ 70, peut-être 80 pour cent, de nos besoins. On va toujours avoir besoin d'économiser à l'extérieur des REER."
De plus, certains experts estiment que les REER, bien qu'avantageux pour la plupart des gens, ne sont pas pour tout le monde, et particulièrement pas pour les personnes à faibles revenus.
"Leurs normes de vie, dans certains cas, pourrait être meilleures avec les paiements gouvernementaux", fait valoir Mme Lovett-Reid.
"Alors la dernière chose qu'on veut, c'est de voir quelqu'un se faire la vie dure pour économiser de l'argent dans un REER, et ensuite courir le risque d'être pratiquement pénalisé par le gouvernement à cause de ce revenu additionnel."
Finalement, les REER peuvent aussi être une source de fonds d'urgence. Mais il faut ici insister sur l'importance du mot "urgence".
On ne voudrait pas laisser filer d'éventuels gains en retirant l'argent prématurément. Puis, les institutions financières doivent retenir un certain montant d'impôt si jamais on doit retirer des fonds avant la retraite.
Cependant, on peut utiliser une partie de l'argent d'un REER - jusqu'à 20 000 $ - si on achète une maison pour la première fois.
"On a 15 ans pour le rembourser", précise Mme Kirkland.
"Tout dépendant du moment choisi, on a une période de grâce d'un an, puis on doit rembourser un quinzième de la somme empruntée chaque année, sans quoi cette fraction sera considérée comme un revenu imposable."
La date limite pour cotiser à un REER cette année est le 29 février.
Mais il ne faut pas oublier - on n'est pas obligé de s'exposer aux marchés d'actions avec des fonds communs lors de périodes volatiles comme en ce moment. On peut aussi placer l'argent dans des certificats de placement garanti qui rapportent environ quatre pour cent jusqu'à ce que les choses se replacent.
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Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Finances et placements personnels
Sujets - La Presse Canadienne : AFFAIRES; FINANCE
Heure de publication : 12:11ET
Taille : Moyen, 686 mots
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Doc. : news·20080127·PC·0SF×2E5545

